Les initiatives visant à ramener la paix dans l’est de la RDC semblent être au point mort depuis près de deux mois.
Les réunions formelles prévues dans le cadre du processus de Doha ne se tiennent plus, tandis que les engagements pris à mi-parcours tardent à se concrétiser, y compris ceux contenus dans l’accord de Washington.
Plus d’un mois après les derniers pourparlers tenus à Montreux, en Suisse, entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, les deux parties sont restées chacune sur leurs positions et aucune nouvelle date de négociation n’a encore été annoncée.
En revanche, les engagements relatifs notamment au volet humanitaire et à la libération des prisonniers ne sont exécutés que partiellement, malgré la volonté exprimée par les différentes parties, dénoncent plusieurs observateurs.
Les autorités de l’AFC/M23 affirment avoir remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) les prisonniers. Elles accusent toutefois le gouvernement congolais de ne pas respecter sa part des engagements.
Par ailleurs, des habitations de particuliers ainsi que des concessions agroforestières continuent de subir des attaques et des bombardements,ce qui constitue des violations du cessez-le-feu entre les deux parties, indique une déclaration rendue publique par l’ICJP.
Cette organisation souligne que les protagonistes s’accusent mutuellement de bloquer le processus.
Pendant ce temps, aucune avancée significative n’est visible aux yeux de la population, qui attend avec impatience le retour de la paix.
À ce stade, ni le médiateur qatari, ni le facilitateur américain, ni les observateurs africains, encore moins les Nations unies, n’ont communiqué sur les prochaines échéances.
Une situation qui plonge davantage les populations affectées par le conflit dans l’incertitude et le désespoir.
La dynamique actuelle avance à petits pas, estime l’ICJP, qui considère que le repli stratégique du M23 jusqu’à Kamanyola pourrait néanmoins constituer un signal encourageant pour les efforts de paix.
De leur côté, les acteurs sociaux continuent d’appeler les deux parties à privilégier l’intérêt de la population en concluant un accord susceptible de favoriser la réouverture des banques et des aéroports, ainsi que la relance des institutions publiques, autant de signes majeurs d’un retour progressif à la paix.
Lydie Nshobole

