Bukavu : 3 cas de Suicide enregistrés en moins d’un mois,la population appelée à la résilience

La ville de Bukavu fait face à une série de suicides qui touchent presque toutes les couches sociales .En moins d’un mois, au moins trois cas ont été enregistrés. Le dernier cas remonte à la semaine dernière, au quartier Chai, dans la commune de Bagira.
Selon des sources locales, un adolescent s’est donné la mort par pendaison après avoir appris son échec à l’examen d’État.
Un autre drame a été signalé à Karhale, dans la commune de Kadutu.
Cette fois, il s’agit d’un adolescent qui se s’est suicidé après s’être vu refuser un héritage à cause de son jeune âge.
Le rapporteur de la Société civile urbaine de Bukavu, Gaston Lubaka, estime que cette multiplication des cas est le reflet d’un profond malaise social.
Il cite entre autres les effets de la crise économique, la montée de l’insécurité, la consommation excessive de boissons fortement alcoolisées, le chômage des jeunes ainsi que le stress quotidien auquel sont confrontées de nombreuses familles.
Pour lui, il est indispensable de renforcer les valeurs de solidarité, d’écoute et d’accompagnement afin d’aider les personnes en détresse à surmonter les difficultés de la vie plutôt que de céder au désespoir.
Les spécialistes de la santé mentale rappellent, de leur côté, que le suicide est un phénomène complexe qui ne peut être expliqué par une seule cause.
Selon Idriss Banyinde, psychologue, plusieurs facteurs peuvent intervenir, comme les traumatismes psychologiques, les prédispositions génétiques, les conflits familiaux, la consommation de substances psychoactives ainsi que le manque de soutien psychosocial.
Il invite les familles, les établissements scolaires, les communautés et les autorités à promouvoir un environnement où chacun, particulièrement les jeunes, peut parler librement de ses souffrances, de ses émotions et bénéficier d’un accompagnement approprié avant que la situation ne devienne dramatique.
La même source recommande de renforcer les services de santé mentale, de sensibiliser davantage la population aux signes de détresse psychologique et de développer des mécanismes d’écoute et de prise en charge des jeunes en difficulté afin de prévenir de nouveaux drames.
VALENTIN KALWIRA



