Au Sud-Kivu, les conflits armés continuent de briser des vies, et parmi les victimes les plus vulnérables figurent les enfants. Contraints de fuir les violences, privés d’école et exposés à la précarité, ils représentent aujourd’hui 35 % des personnes déplacées dans la province, selon le dernier rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Ces mineurs, qui ne devraient être associés ni de près ni de loin aux affrontements, se retrouvent pourtant au centre de l’insécurité persistante qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.
Beaucoup sont forcés d’abandonner leur domicile du jour au lendemain pour échapper aux attaques des groupes armés.
À Bukavu, dans le quartier Nyamugo, Ashuza Bacishoga Innocent, agé de 11 ans, fait partie de ces enfants déplacés.
Originaire du groupement de Mulamba, en territoire de Walungu, il a fui son village en novembre 2025 avec sa mère et ses trois petits frères.
« Nous avons quitté notre village à cause de la guerre. Mon père a été emmené vers une destination inconnue jusqu’à aujourd’hui. Ce jour-là, notre village s’est réveillé sous les balles. Pendant trois jours, nous sommes restés enfermés avant de décider de partir », raconte-t-il.
Depuis son arrivée à Bukavu, le jeune garçon a interrompu sa scolarité. « Je ne vais plus à l’école à cause de la guerre », confie-t-il, exprimant le souhait de voir la paix revenir pour pouvoir rentrer chez lui.
Comme lui, des milliers d’enfants déplacés vivent dans des conditions précaires, sans accès régulier à l’éducation ni à une protection adéquate.
Pour survivre, certains se livrent à des travaux inadaptés à leur âge, s’exposant à diverses formes d’exploitation.
Les organisations de défense des droits de l’enfant tirent la sonnette d’alarme face à cette situation qu’elles qualifient de préoccupante.
Elles appellent à un renforcement urgent des mécanismes de protection et à une assistance accrue en faveur des familles déplacées.
Lydie Shobole

