La liberté de la presse au Sud-Kivu traverse une période particulièrement préoccupante. De Bukavu à Fizi, en passant par Uvira, Mwenga et Baraka, les journalistes font face à une recrudescence d’atteintes à leurs droits fondamentaux, allant des arrestations arbitraires aux menaces directes contre leur vie.
Le cas du journaliste Thomson Undji, récemment arrêté et détenu à Baraka par les services de sécurité, continue de susciter une vive réaction au sein de la société civile. Selon plusieurs sources locales, cette arrestation serait liée à l’exercice de son métier, notamment la diffusion d’une émission radiophonique à caractère citoyen.
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cet acte constitue une violation manifeste du droit à l’information et de la liberté d’expression.
Au-delà de ce cas, la situation est tout aussi alarmante dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province. Plusieurs journalistes y évoluent dans un climat de peur, après avoir été mentionnés sur des listes dites “à abattre”, uniquement pour avoir exercé leur profession avec impartialité, en donnant la parole aux différentes couches de la communauté, sans discrimination d’origine, d’opinion ou d’appartenance sociale.
Ces menaces, souvent anonymes, circulent à travers des messages, des réseaux informels ou des rumeurs persistantes, ce qui crée un environnement hostile qui pousse certains journalistes à l’autocensure ou à la clandestinité.
Pour les organisations professionnelles, le seul tort de ces journalistes est d’avoir accompli leur mission d’informer, d’éclairer l’opinion publique et de favoriser le vivre-ensemble.
Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, les professionnels des médias dénoncent également des intimidations répétées, des convocations abusives, des restrictions d’accès à l’information et des pressions exercées par des acteurs armés ou des autorités locales.
Cette situation est particulièrement marquée dans les zones touchées par l’insécurité, où informer devient un exercice à haut risque.
Les organisations de la société civile rappellent que la Constitution de la République démocratique du Congo garantit la liberté de la presse et protège les journalistes dans l’exercice de leur métier. Elles soulignent également que le pays est signataire de plusieurs conventions internationales relatives à la protection des journalistes et à la liberté d’expression.
Face à cette détérioration du climat médiatique, la société civile du Sud-Kivu appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des journalistes, enquêter sur les menaces proférées à leur encontre et mettre fin à toute forme d’intimidation ou d’arrestation arbitraire.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les tensions sociales, les journalistes demeurent un pilier essentiel de la démocratie, de la cohésion sociale et de la paix, estiment plus d’un habitant.Les réduire au silence ou menacer leur vie revient à priver la population de son droit fondamental à l’information et à fragiliser davantage l’État de droit au Sud-Kivu.

