Quatre-vingt-onze (91) cas de suicide ont déjà été enregistrés dans la province du Sud-Kivu depuis le début de l’année 2026, contrairement à l’année 2025, durant laquelle 121 cas avaient été recensés dans la province.
Selon le consortium des médecins psychiatres de la ville de Bukavu, qui a rendu public ce rapport mardi 26 mai 2026, l’augmentation des cas de suicide serait notamment liée à la persistance de la guerre dans l’Est de la RDC, à l’instabilité économique, aux traumatismes causés par les conflits armés ainsi qu’au manque de soutien psychologique pour les personnes en détresse.
D’après le docteur Philippe Amani Busane, médecin traitant à l’hôpital de Hôpital de Panzi, plusieurs habitants de Bukavu éprouvent des difficultés à développer des mécanismes de résilience face aux épreuves de la vie.
Le médecin estime que le dialogue, l’écoute et l’accompagnement psychologique constituent des solutions importantes pour prévenir ces drames.
Il ajoute que l’isolement, le silence et le manque de soutien familial aggravent davantage la souffrance des personnes vulnérables.
Le docteur Philippe Amani Busane recommande également le renforcement de l’engagement communautaire, la sensibilisation sur la santé mentale ainsi que l’accompagnement psychosocial des jeunes afin de mieux faire face aux difficultés de la vie.
En plus des 121 cas de suicide enregistrés en 2025 dans la province, plus de 600 tentatives de suicide avaient également été rapportées.
Toutefois, Uwoti Watum Junior, Expert en Santé Publique, a mené une étude en 2025 sur la problématique de la santé mentale à Bukavu, spécifiquement dans la Zone de Santé d’Ibanda. Les résultats de sa recherche ont révélé que les troubles mentaux présentent une proportion élevée qui nécessitent une intervention rapide des autorités. Il s’agit de la dépression,de l’anxiété, du stress avec plus de 80% de fréquence rapportés alors que le trouble de stress post-traumatique occupait plus de 50%.
Celui-ci avait alerté sur les conséquences de ces troubles en cas d’une léthargie dans la mobilisation des autorités.
Quelques mois plus tard, des suicides ont commencé à être enregistrés dans plusieurs coins de Bukavu et de la province du Sud-Kivu.
Uwoti Watum Junior précise cependant que ce problème de santé est prioritaire et que les interventions doivent toujours être envisagées afin d’inverser la tendance.
Lydie Nshobole

