Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix alerte sur les risques de tensions communautaires et de violations des droits humains après le retrait des troupes de l’AFC/M23 dans plusieurs zones de la plaine de la Ruzizi, principalement à Sange et Kabunambo.
Dans une déclaration rendue publique le 13 mai 2026 à Bukavu, cette plateforme citoyenne se dit consternée par la montée des discours de haine, des attaques ciblées, des arrestations arbitraires et des pillages signalés dans plusieurs localités aussi bien sous contrôle gouvernemental que dans les zones occupées par l’AFC/M23.
« Plusieurs communautés vivent aujourd’hui dans un climat de peur caractérisé par des cas de stigmatisation et de chasse à l’homme contre certaines personnes assimilées, à tort ou à raison, aux groupes armés présents dans la région », lit-on dans cette correspondance.
Le collectif craint que cette situation ne dégénère en conflits communautaires au Sud-Kivu.
Par ailleurs, cette structure affirme suivre de près l’évolution de la situation politico-sécuritaire après les engagements pris lors des discussions de Montreux, en Suisse, autour du cessez-le-feu, de la protection des civils, de l’aide humanitaire et de la libération des prisonniers.
Si elle salue le retrait volontaire de l’AFC/M23 dans certaines zones de la plaine de la Ruzizi, la société civile regrette néanmoins le ralentissement de plusieurs mesures d’accompagnement du processus de paix.
« La fermeture de certains services ainsi que la récente restriction de circulation sur la Route nationale numéro 5 entre Bukavu et Uvira, est une mesure qui perturbe le déroulement des activités socio-économiques et la mobilité de la population, » s’inquiète le collectif.
A cet effet,la société civile appelle le gouvernement congolais et l’AFC/M23 à respecter les engagements pris en Suisse afin de consolider les efforts de paix en cours.
Elle exige également le déploiement urgent d’une unité de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour renforcer la protection des civils et le suivi du cessez-le-feu.
« Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix invite les acteurs politiques et militaires à privilégier le dialogue, la cohésion sociale et l’intérêt supérieur de la population afin de permettre un retour durable de la paix dans l’Est de la RDC », conclut cette déclaration.
Il vous souviendra que c’est depuis samedi 09 mai que les éléments de l’AFC/M23 ont entamé un retrait progressif de certaines positions dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu.
Selon plusieurs sources,le mouvement de retrait s’est poursuivi jusqu’à dimanche 10 mai, avec des déplacements de combattants vers Kamanyola, en territoire de Walungu, tout en emportant leur matériel militaire.
Parmi les localités concernées par le retrait figurent Kabunambo, Sange, Nyakabere 1 et 2, Mutarule, Luberizi et Bwegera.
Junior Uwoti dit Juwat

